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Nous sommes presque prêts pour vous écrire un guide de ce qu’il ne faut pas faire (et que nous avons fait !) en arrivant dans la ville la plus dangereuse de l’Afrique du sud, Johannesburg.

Arrivés à 4h du matin, changer de l’argent dans l’aéroport, se promener à pied dans des quartiers du centre ville…notamment Hillbrow, « the hotest of the town » d’après Edouard, albanais ayant grandi à Jo’burg et qui nous a chaleureusement offert un café et des chocolats dans son fish and chips, avant de nous ramener hors de son quartier dans lequel il ne voulait vraiment pas nous voir rester. Une belle rencontre.

 

Cette semaine de vacances ici nous a d’abord déconfits avec un temps maussade et une pluie sans discontinuer. Cantonnés à rester dans notre auberge de jeunesse, loin du centre, ce fut finalement un temps agréable pour arriver et se poser.

Visite de l’Apartheid Museum, tout en anglais, très intéressant pour découvrir un peu mieux le contexte politique dans lequel nous arrivons, d’autant plus intéressant si nous avions été sans enfants ! Un 31 où, pour la première fois de ma vie, nous étions tous couchés à…22h30, d’épuisement après quelques jeux en famille !

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Puis dès le 2, départ pour une visite passionnante du « Craddle of humankind », sur les traces d’une nouvelle espèce d’homo, «l’homo Naledi », découvert sur le site, à une heure de Jo’burg, en 2013.

Balade dans le musée à la découverte de nos origines, des origines de notre planète, ludique et intéractif, c’était super.

Nouvel arrêt dans un nouveau lieu « qui craint » dans une ville de banlieue…Tout s’est bien passé mais les ambiances ici dans les villes sont vraiment très glauques. La saleté des villes ne nous marque pas plus que cela car une certaine habitude s’est créée à Mada( !) mais tout de même, sur le béton, les déchets font encore plus sales que sur la terre rouge de Mada.

L’ambiance ici est toute différente de Mada. Comme si l’ambiance était moins « bon enfant, naïf ». Les tensions sont parfois palpables dans les quartiers, rien qu’en y passant nous le percevons. Les gens ne sourient plus comme à Mada, bien qu’ils semblent très accueillants, près à nous renseigner dès qu’on leur pose une question. Pas d’essai de ristourne, d’entourloupe (pour l’instant), on peut négocier mais pas de « prix spécial vazaha ici ».

Quel plaisir pour moi d’être entourés de personnes noires ! ça a été ma première impression dans l’avion.

Jeudi 3, découverte d’un premier parc proche de notre premier lieu de « volontariat », dans le nord ouest, le parc national du Pilanesberg.

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Nous avons été époustouflés, tous les 5 : troupeau d’éléphants qui traverse à 5m de notre voiture, gnous, impalas, springbok, rhinocéros à 3m de nous, phacochères, buffle, oiseaux de toutes les couleurs…Nous nous sommes vraiment régalés dans ce parc de plus de 300 kms.

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Puis, vendredi, arrivée à Groot Marico. Là, j’ai cru que j’allais repartir sur le champ. Accueillis par Jeannine, femme très gentille qui a fondé le centre, nous arrivions dans un ensemble de cabanes, caravanes, bois, verres, pneus, il y en avait de partout !

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Jeannine, la cinquantaine, poilue de partout (jambes et menton), pas coiffée, pas de soutien-gorge, les dents jaunis par le tabac…Retour aux années 68 ! Même nous 5 détonions dans ce contexte, alors que nous ne sommes pas vraiment bien habillés. Je me disais, ah oui, on est vraiment partis à l’arrache, sans assez se renseigner sur ce lieu.

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Et là, c’est parti pour l’immersion, tout en anglais puisqu’elle ne parle pas français. Jean-Philippe n’est pas là car il a du aller rendre notre voiture de location à plus d’une heure de route d’ici. J’ai mes 3 enfants sous le bras, 8 bagages et je me dis : « mais qu’est-ce que je fais là ? C’est vraiment trop pour moi de vivre cela. J’atteins mes limites. Car je n’aspire qu’à un peu de sérénité, préparer notre retour en France, se poser.

Ici, première mise en garde : les serpents venimeux. Puis, les scorpions, les araignées, les grenouilles empoisonnées, les mille pattes vénéneux, les moustiques…Ok, pour me rassurer…il y a 3 chiens dont deux gros. Ok, ils n’ont jamais vu d’enfants, ils ont beaucoup de tiques mais ça va le faire, les enfants les adoptent vite, moi c’est plus difficile, j’ai peur.

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Heureusement qu’on a…ah non, c’est vrai, nous n’avons même pas encore de réponse de notre assurance santé, donc même pas cela pour nous rassurer ! La maison dans laquelle on va habiter est sale et poussiéreuse, une grande pièce assez perméable à tout.

Pour nous détendre et prendre contact avec le lieu, Matt (un jeune qui vit ici le we et travaille à Jo’burg la semaine) nous emmène se baigner à la rivière à côté. Vrai moment de délice. Dommage que le soir-même, nous apprenions par Jeannine, que peut-être, dans ces eaux, il y a des crocodiles. Ok, ben, on ne se baignera plus…

Vous pouvez imaginer la nuit que j’ai passé vendredi soir, en me faisant en plus piquer par de nombreux moustiques.

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Puis samedi, tout a changé. J’ai dit à Jp qu’on se donnait une semaine et que si ça n’allait pas, nous changerions de lieu, nous étions d’accord. Nous avons nettoyé et aménagé notre chambre, rien que ça, on se sentait mieux. On prend nos marques avec le jardin, 5h de travail par jour, assez tôt le matin (pour la chaleur), les enfants nous ont aidé, un beau moment de partage. Eux se sentent bien dans cette nature, ils veulent rester même 6 mois ! Noé est allé à la pêche avec Matt qui lui a offert la canne, Joshua construit une cabane avec Yanaël et Jean-Philippe.

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Nous avons fait un repas poulet et légumes en marinade au barbecue, hier soir, sous un magnifique ciel étoilé, une bière à la main et les djembés dans l’autre…Les serpents, Jeannine n’en a finalement vu que 10 en 3 ans ; Le lieu est tranquille et joli. Jeannine est à l’écoute de nos inquiétudes et de nos désirs si nous avions besoin d’en parler.

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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ;

Demain, nous commençons une nouvelle phase : le « home schooling ».

Pour la suite, nous ne savons rien au-delà de chaque jour qui passe. Peut-être resterons-nous ici un mois, peut-être pas, quand allons-nous rentrer, que faire en rentrant sont autant de questions qui commencent à nous agiter ?!

 

Pour cette nouvelle année 2019, nous ne parvenons pas à écrire à chacun personnellement mais nous sommes reliés à chacun de vous. Nous vous souhaitons une année 2019 empreinte de simplicité et de sérénité, ouverte sur l’imprévu et la rencontre de l’autre.

Avec toutes nos amitiés.