Que de choses à raconter en à peine 2 jours !

 


Nous avons commencé « nos vacances forcées » hier (car toujours bloqués à Antsirabe, le pont n'étant pas encore reconstruit) par un aller au centre ville en pousse-pousse. Le meilleur souvenir de la journée pour Noé. 
Arrivés dans le centre ville, nous avons tous été bien dérangés par ce que nous y avons vécu.
Assaillis par des dizaines de personnes au m2, des vendeurs souhaitant nous vendre, qui des cartes postales, qui des jouets en bois, qui des trousses brodées, des enfants qui mendient…
Une maman édentée et sa fille en haillons nous suivent et insistent afin que je leur achète un kilo de riz.

Je ne comprends pas d’emblée ce qu’elle me demande : il me faudra un tour de marché pour comprendre qu’elle m’attend pour m’emmener vers l’étal du riz !
Nous y allons ensemble, elle me demande une savonnette en plus : comment refuser ?
Je sais que cela ne va pas changer le cours de leur vie et en même temps, savoir que cette famille aura à manger ce soir me réconforte.
Nous sommes tous les 5 face à nos existences, aux leurs, à l’injustice criante découverte de plein fouet ce matin-là, la pauvreté, la misère et tout le malaise prégnant que cela nous laisse.
Nos enfants nous demandent de rentrer, besoin de digérer ce qu’ils ont vécu. Se retrouver dans le petit havre de paix de la communauté.
Promenade dans les rizières l’après midi après avoir un peu aidé la communauté,  promenade ressourçante, pleine de rires des enfants et baignade forcée de Yanaël (tombé dans l’eau !).
Souvenir marquant de cette journée pour Joshua. 
 
Durant nos petits temps sans enfants, c'est à dire l'heure de la sieste et en soirée, nous travaillons sur le projet du dispensaire, avec beaucoup d'enthousiasme.
Côté culinaire, chaque repas est une découverte  : zébu bouilli, brèdes (comme des feuilles d’épinards dans un bouillon), feuilles de manioc qui ont un goût d’épinards/oseille, ananas et mangues exquis (c’est la fin de la saison), de l’avocat en dessert excellent(citron + sucre), du votav ce soir : soit un mélange de courge et d' arachides…et tout cela accompagné de riz, qui pour l’instant nous plait.
Et pour rassurer ceux qui avaient entendu Joshua narrer notre futur régime : nous ne mangeons pas de riz au petit déjeuner pour l’instant !
Ce matin, nous avons fait un périple touristique, passionnant. Cela a permis aux enfants de commencer à adopter ce pays, de le voir sous une teinte différente.
Rien que de reprendre le pousse-pousse était déjà un repère pour eux ! Plus d’apaisement en eux par conséquent.
Nous avons visité des ateliers d’artisanat : fabrication des objets et passage à la « boutique » ensuite.
Explications dans l’atelier de la fabrication des paniers en rafia, de la fabrication du papier, des vêtements en soie, peinture sur tissus, travail de la corne de zébu, de petits objets en miniature tout en matériel de récupération.
Les malgaches sont les rois de la débrouille ;
                   
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme n’est pas que la phrase de Lavoisier !
En exemple, le slogan équivalent à celui du français :
« Dans le cochon tout est bon ! » => « Dans le zébu, rien de perdu ! »
Enfin, pour continuer sur mes premières impressions, moi qui aime rire, sourire, chanter, danser, ici je suis bien distancée ! (Mais pas en taille, car là, je suis dans la moyenne !)
Ils ont vraiment la joie et le chant dans les veines !

 
Mes premières copines malgaches lors d’une balade dans la rizière la plus proche.